SOUTERRAIN BLUES de Peter Handke, mise en scène Sylvain Martin. Création 2025 au Studio de Virecourt – (86)

Le train souterrain traverse la ville de part et d’autre. La distance entre les stations donne son rythme au trajet, les intervalles sont plus ou moins longs. Dans un des wagons un homme sauvage attaque les passagers par ces mots : «Et encore vous. Et encore devoir être parmi vous. Alléluia! Miséréré. Marée basse sans marée haute. Si au moins vous étiez des malfaiteurs.» Personne ne répond. C’est seulement quand une femme sauvage monte à son tour que la donne change… L’action de cette pièce de Peter Handke, de ce faux « seul en scène », se déroule, et va se dérouler tout du long, dans une rame de métro. A l’image d’une salle de théâtre, endroit fermé, de laquelle on peut toutefois à tout moment sortir, mais avec le risque de ne pas faire le voyage jusqu’au bout. Des gens assis dans un même espace, attendant, et brusquement un homme qui surgit et qui s’adresse à eux. On peut difficilement faire plus théâtrale que cette situation. C’est presque une situation qui pourrait se poser comme l’origine même du geste théâtral. Mais contrairement à ce qui se passe en général durant une représentation théâtrale, ici, une spectatrice surgit pour prendre la parole. C’est du moins ce que raconte la pièce si l’on se place de ce point de vue. Elle surgit pour dire qu’elle n’est pas d’accord. Et dès lors, le voyage de l’homme sauvage ne s’effectue plus seul, mais à deux. Et le public, par ce geste, rejoint l’acteur.
Texte de Peter Handke, traduction de Anne Weber, mise en scène, costumes et scénographie Sylvain Martin. Avec William Astre et la voix de Sophie Semin Handke. création sonore Bernard Vallery, création lumière Maxime Denis.
avec le soutien de la Mairie de Gennevilliers, Les Studios de Virecourt et le 100ecs






